Fortissimus | Les acteurs

De grandes personnalités de l'époque, comme Sir Wilfrid Laurier et Honoré Mercier, respectivement Premier ministre du Canada et du Québec, d'éminents membres du clergé de Montréal et de nombreux dirigeants des grandes associations franco-américaines des États de la Nouvelle-Angleterre, ainsi que quelques pairs de la Royauté, comptèrent parmi les grands admirateurs de Louis Cyr.

Ce furent toutefois une vingtaine de personnes qui influencèrent de manière plus significative les choix de vie et de carrière de Louis Cyr.

Mélina Comtois dit Gilbert

Elle fut l'épouse de Louis Cyr de 1882 à 1912, année du décès de ce dernier. Elle fut également sa partenaire de tournée pendant une douzaine d'années. C'est grâce à Mélina Comtois que Louis Cyr apprit à lire et à écrire.

Émiliana Cyr

Elle fut l'enfant unique du couple Cyr. Considérée comme un prodige de la force, elle se produisit lors des tournées de la Cyr Brothers, au Québec et aux États-Unis, de 1893 à 1897. Pensionnaire au couvent de Saint-Jean-de-Matha, elle se révéla par sa virtuosité au piano. Héritière de la fortune de son père, elle vécut des années tragiques, jusqu'à son décès, en février 1935.

Gustave "Gus" Lambert

Né à Saint-Guillaume d'Upton en 1852, il fut un pionnier de la boxe et de la lutte. Il devint promoteur et homme d'affaires et dirigea une taverne et une salle athlétique situés du 188 au 190 boulevard Saint-Laurent, à Montréal. Il fut le mentor de Louis Cyr et le premier promoteur des exploits de force du Samson canadien.

Pierre Cyr

Il naquit à Saint-Edouard de Napierville le 18 février 1868. Cadet de 5 ans de son célèbre frère, il suivit ce dernier dans la plupart des tournées canadiennes et américaines, sous le nom de Peter Cyr. Doté lui aussi d'une grande force physique, il fut considéré comme le champion des hommes forts poids moyen du monde.

Richard Kyle Fox

Il était le richissime propriétaire du National Police Gazette de New York. Il devint le promoteur international de Louis Cyr et organisa le séjour de celui-ci en Angleterre, entre novembre 1891 et mars 1892. Il présenta partout Louis Cyr comme " le champion des champions du National Police Gazette ".

Joseph-Xavier Perrault

Il fut d'abord député du Bas-Canada à la Chambre des Communes d'Ottawa. Il fut le premier agronome diplômé du Québec et le fondateur de la Chambre de commerce de Montréal. Il devint le gérant de Louis Cyr et l'accompagna durant la tournée 1891-1892 en Angleterre. Son buste se trouve au Square Victoria de Montréal.

Ernest Lavigne

Il fut un des propriétaires du Parc Sohmer de Montréal et un des plus célèbres chef d'orchestre de Montréal du début du XXe siècle. Il fut également, avec Napoléon Lajoie, le copropriétaire du plus grand magasin d'instruments de musique de la métropole. Un inconditionnel de Louis Cyr, il fit cadeau à ce dernier d'un violon de grande valeur.

Eugen Sandow

De son véritable nom Friederich Mueller, il passait pour l'homme le plus fort du monde en 1890-1892. Célèbre pour son excentricité et son esthétisme musculaire, il refusa systématiquement d'affronter Louis Cyr. Le chassé-croisé entre les deux hommes, d'Angleterre aux Etats-Unis, dura de 1892 à 1896.
www.sandowmuseum.com

Ringling Brothers

De leur véritable nom Ringeling, ils étaient d'origine allemande. Ils étaient sept frères qui s'impliquèrent tous, à l'exception de August George, dans le plus grand cirque du monde, qu'ils fondèrent en 1884. Ce fut avec Albert et John que Louis Cyr fit son apprentissage de l'administration d'un cirque.

Horace Barré

Il naquit à Saint-Henri-des-Tanneries en 1872. Il fut d'abord l'élève le plus doué de Louis Cyr avant de devenir un compétiteur, son partenaire de cirque en 1898 et 1899, puis son associé lorsque Louis Cyr fonda son entreprise toute québécoise en 1899. En tant qu'homme fort, Horace Barré fut certainement un des athlètes les plus puissants de son époque, peut-être le plus fort après Louis Cyr.

August W. Johnson

D'origine suédoise, il fut l'adversaire que Louis Cyr redouta le plus, en raison de ses qualités athlétiques et sa grande technique d'exécution dans les levers haltérophiles classique, très à la mode en Europe. Les deux hommes s'affrontèrent à Chicago, au printemps de 1896. L'affrontement dura plusieurs heures et Cyr sortit gagnant par abandon de Johnson.

Otto Ronaldo

D'origine bavaroise mais vivant aux États-Unis depuis son adolescence, il fut l'un des adversaires réputés de Louis Cyr. Les deux hommes s'affrontèrent à au moins 3 reprises, en 1899 et en 1900. Quoique la réputation de Ronaldo était surfaite, il attirait les foules par sa prestance et sa technique. À compter de 1901, il joua un rôle important dans le cirque de Louis Cyr.

Raymond Préfontaine

Un des politiciens municipaux les plus influents de son époque, il fut maire de Montréal de 1898 à 1902. Ami de Louis Cyr, il encouragea les démonstrations publiques de ce dernier au Parc Sohmer, dont il était, avec Ernest Lavigne, un des associés. À la demande de Louis Cyr, il avait agi comme arbitre lors du premier affrontement Cyr vs Ronaldo en 1899.

William Hales Hingston

Ce docteur fut maire de Montréal de 1875 à 1877, doyen de la faculté de médecine de l'Université Bishop et président du Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec en 1886. En 1901, il diagnostiqua la maladie de Bright chez Louis Cyr et devint son médecin jusqu'en 1906. C'est grâce aux soins du docteur Hingston que Louis Cyr pu mener une existence presque normale pendant une dizaine d'années.

Hector Décarie

L'homme fort de Saint-Henri-des-Tanneries, il voit le jour dans cette municipalité en 1880. Jeune, il fut considéré comme le champion des " tireurs de poignet " au Québec. Même s'il passa à la postérité en raison du " célèbre " match nul contre Louis Cyr, le soir du lundi, 26 février 1906, sa réputation était surfaite. Ce soir-là, il avait affronté un homme miné par la maladie et qui n'était que l'ombre de lui-même. Louis Cyr en fit un compagnon de tournée, lors d'un bref séjour aux États-Unis durant l'été de 1906.

Arthur Berthiaume

Fils de Trefflé Berthiaume, propriétaire du journal La Presse (1889 - 1915), il fut le dirigeant du plus grand quotidien français d'Amérique de 1906 jusqu'à son décès en 1932. Homme de loi, Arthur Berthiaume était un fervent admirateur de Louis Cyr. En 1908, il prit la décision de faire connaître Louis Cyr aux lecteurs du quotidien et proposa à ce dernier de raconter les grandes étapes de sa vie au journaliste Septime Laferrière et à l'illustrateur Albéric Bourgeois. La série de 36 articles connut un succès sans précédent et contribua à la notoriété de Louis Cyr.


Photo : courtoisie La Presse